Cercle Généalogique Yutz 3 Frontières

mardi 26 septembre 2017

Le Président et tous les membres du Conseil d’administration vous présentent leurs meilleurs vœux pour 2012

Après une année 2011, riche en événements, nous débutons 2012 avec des projets, journée portes ouvertes et exposition, réalisation des livres de Hayange, Serémange, Russange pour les plus avancés et d’autres en cours.

En septembre, nous avons participé à la journée généalogique internationale à Leudelange au Luxembourg, le 16  octobre, journée généalogique à Sarrelouis et fin octobre à la mairie de Rédange à l’occasion de la parution du livre sur cette commune.

L’année 2011 s’est terminée en beauté en fêtant les 40 années d’existence de l’Union des Cercles Généalogiques  à Lunéville les 29 et 30 octobre, une belle organisation de nos amis du Cercle de Lunéville. Ce fut deux belles et chaudes journées, pleines de convivialités. Merci à nos adhérents de s’être déplacés et pour certains d’avoir assuré la tenue de notre stand

Ces deux journées ont été un grand succès avec plus de 1300 visiteurs. Presque tous les cercles lorrains étaient présents dans les stands départementaux. Les visiteurs ont apprécié les différents stands et les conférences.

Le 11 décembre nous étions présents au marché de la Saint Nicolas à Yutz et le même jour sortait officiellement la reconstitution des familles de la ville, en 2 volumes, par Robert MULLER.

Vous pourrez vous procurer les ouvrages chez l’auteur Robert MULLER 9, rue de Berne 57970 YUTZ   Tél : 03.82.51.05.89  ou E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou au siège de notre cercle lors des permanences.

Nos dernières parutions : Haute-Kontz, réalisé par Gérard GENDT et Danielle BUZENET

et  Beyren-Gandren-Mondorff réalisé par Cathy STARCK et Michel JALABERT

 

Informations

Depuis peu, avant Noël 2011, sur le site des archives de la Moselle vous pouvez consulter en ligne les registres paroissiaux catholiques et protestants de certaines communes de Moselle, de la lettre A à N pour le présent et ce jusqu’en 1793. Uniquement les collections disponibles aux AD 57 et donc numérisées ont été mises en ligne. Les registres que les communes n’ont pas déposés n’ont donc pas été numérisés. La numérisation sera progressive et la mise en ligne également.

 Depuis le 2 janvier, les recherches sur le site des archives de la Meurthe-et-Moselle sont gratuites.

Le jeudi 12 janvier lors de la permanence, nous partagerons la galette des Rois, pour ceux et celles qui peuvent êtres présents, n’hésitez pas à venir.

Notez sur vos agendas :

-          l’Assemblée Générale le 3 mars 2011 à 15 h au cercle

-          Journée portes ouvertes le dimanche18 mars 2011 également au cercle.

 Le calendrier des permanences est disponible au cercle, lors d’un passage à la permanence n’hésitez pas à nous le demander ou de vous servir.

Nos adhérents font des trouvailles et vous les font partager

N’hésitez pas à nous faire part de vos découvertes que nous mettons ensuite à la disposition de tous, en effet vous trouverez certainement des anecdotes dans les archives qui nous intéressent.

Quand nous faisons des livres de reconstitution des familles, nous découvrons souvent dans les archives des informations inédites.

Ainsi, dans son livre sur Haute-Kontz, Gérard GENDT nous dévoile la vie d’

 Un homme remarquable :

 CURICQUE Jean Jules Marie, curé de Haute-Kontz de 1866 à 1892

De nombreux prêtres ont veillé sur la paroisse de Kontz au cours des siècles passés. S’il ne fallait en retenir qu’un seul, ce serait probablement l’abbé CURICQUE, une personnalité complexe donc particulièrement attachante, un bâtisseur, un homme fidèle à ses convictions et à ses engagements. Essayons alors en quelques lignes de résumer ce que furent la vie et l’œuvre de cet homme en tout point remarquable et dont le village de Haute-Kontz a tout lieu d’être fier.

Il naquit à Sierck le 12 avril 1827, fils  de Henri et PAULY Marie Jeanne. Orphelin de mère à l’âge de sept ans, il bénéficia des soins de l’une de ses tantes qui, au vu de ses bonnes dispositions pour les études, l’inscrivit au collège de Sierck. La vocation religieuse l’amena ensuite tout naturellement au grand séminaire de Metz et c’est dans la cathédrale de cette ville qu’il reçut l’ordination le 14 juin 1851.

Sa première affectation sacerdotale eut lieu en décembre 1851. C’est à Kuntzig qu’il fit ses premières armes en tant que vicaire et les choses ne se déroulèrent sans doute pas au mieux. Fut-il trop exigeant envers la population locale, une population pauvre comme dans tous les villages de notre région à cette époque ? Les problèmes de santé devinrent-ils trop préoccupants ? En tout cas, il demanda sa mutation et, en 1856, il fut chargé de la paroisse de Buding. Là encore, un excès de précipitation à vouloir tout faire trop vite créa rapidement une situation conflictuelle avec les autorités locales. Une nouvelle mutation survint en 1859 et l’abbé CURICQUE prit la direction d’une localité qui venait d’être érigée en paroisse : Flastroff.

C’est à Flastroff qu’il put donner la pleine mesure de ses talents de bâtisseur. Une nouvelle

église était à construire et il s’y attela avec l’ardeur qui caractérisait toutes ses actions. Depuis les plans qui furent réalisés avec l’architecte par JACQUEMIN jusqu’au financement et en passant par la recherche des entreprises et des matériaux de construction.

L’abbé CURICQUE fut omniprésent. Ses efforts furent couronnés de succès, car, le 3 juillet 1865, la nouvelle église était consacrée par Mgr DUPONT des LOGES, évêque de Metz. Mais tout ceci n’était qu’une étape, car, en 1866, il  prit la direction de Haute-Kontz.

Voici donc l’abbé CURICQUE revenu dans son pays d’origine. Le 24 novembre 1866, c’est Nicolas KREMER, archiprêtre de Sierck, qui lui remet les clés de la paroisse de Haute-Kontz. Fort de l’expérience acquise dans ses postes précédents, mais sans doute un peu plus prudent dans sa façon d’agir qui souvent avait tendance à précipiter les choses, il se dévoue sans compter à ses nouveaux paroissiens. Ainsi, à l’automne 1867, il organise une Mission de dix jours où interviennent les pères Rédemptoristes de Téterchen. Cette Mission destinée à l’édification des fidèles et au renforcement de leur foi est clôturée par l’édification d’une Croix des Missions à côté du portail d’entrée de l’église paroissiale. Sur le socle de cette croix, il fit graver le texte suivant :

« Croix de Mission érigée canoniquement le jeudi 23 décembre 1867 par les Pères de Téterchen, étant alors curé de Haute-Kontz. L’abbé J.M.R. Curicque se recommande à vos prières. »

Durant les années qui suivirent, à l’exception d’un long séjour à Rome à l’occasion du Concile du Vatican au début de l’année 1870, le ministère de l’abbé CURICQUE se poursuivit tout à fait paisiblement dans le village de Haute-Kontz. Bien sûr, la guerre franco-prussienne de 1870, qui se termina comme on sait par l’annexion de notre région, provoqua quelques changements, mais sans bouleverser la modeste vie de nos compatriotes. Quelques faits pourtant méritent d’être relevés en ce qui concerne son action auprès de ses paroissiens. Il réorganisa le pèlerinage en l’honneur de Saint-Médard qui était quelque peu tombé en désuétude, il bénit un nouveau Chemin de Croix à l’intérieur de l’église et fait procéder à un nouveau dallage de la nef de cette église, un superbe dallage commandé à Mettlach auprès de la société Villeroy et Boch et qui n’a été enlevé que très récemment. Il fit ériger devant le presbytère la croix commémorative du Grand Jubilé de 1875 en faisant coïncider la bénédiction de cette croix, le 15 juin 1876, avec le 25e anniversaire de son ordination sacerdotale.                                                                                                                                   

(Un Jubilé ou Année Sainte est une célébration qui a lieu tous les 25 ans. Durant cette année, des indulgences plénières sont accordées sous certaines conditions, en particulier le pèlerinage à Rome et la visite des quatre basiliques majeures dont les portes sont solennellement ouvertes)

Cette vie que l’on pourrait qualifier de paisible ne satisfaisait pas totalement notre curé. Du haut du promontoire où est édifiée son église, il pouvait voir dans la plaine, de l’autre côté de la Moselle, les restes, disons plutôt les ruines de l’ancienne Chartreuse de Rettel, cette imposante abbaye qui fut mise à sac en 1794 lors des pires journées de la Révolution française. C’est ce spectacle qui réveilla en lui l’instinct du bâtisseur et surtout l’ardent désir de la propagation de la foi. Redonner vie à cet établissement religieux, lui faire retrouver sa destination première, voilà quel fut alors l’objectif principal du curé de Haute-Kontz. Pour cela, il ne suffisait pas de réhabiliter quelques bâtiments. Encore fallait-il trouver quelques personnes qui jetteraient les bases d’une nouvelle communauté religieuse susceptible d’occuper les lieux.

Au cours de son séjour à Flastroff, de 1859 à 1866, l’abbé avait fait la connaissance de la famille MATHIS qui habitait Zeurange, une annexe du village de Flastroff. Une des filles de cette famille, prénommée Angèle, née en 1841, avait manifesté dès son jeune âge le désir d’entrer en religion. La famille ne se montrait guère favorable à ce projet, au contraire de l’abbé CURICQUE qui évidemment était tout disposé à encourager la jeune fille dans ses souhaits et qui, malgré son départ pour Haute-Kontz, ne l’avait pas oubliée. Or, parmi ses nouveaux paroissiens, notre abbé fit la connaissance d’une autre jeune fille qui, elle aussi, manifestait les mêmes intentions que celle de Zeurange. Il s’agissait de Marie TIRBISCH, née à Haute-Kontz le 12 février 1845, fille de Nicolas et de FELLER Marguerite. Dans l’esprit de l’abbé, ces deux jeunes personnes pourraient parfaitement constituer le noyau d’une nouvelle famille religieuse qui redonnerait vie au couvent de Rettel.

N’ayant pas réussi à obtenir l’accord de sa famille, l’abbé CURICQUE demanda à Angèle MATHIS de quitter son domicile à l’insu de ses parents et, en septembre 1873, le curé de Haute-Kontz, accompagné de cette dernière et de Marie TIRBISCH, prit la direction du couvent des sœurs Dominicaines de Langeac en Haute-Loire. Ce séjour sera bref pour Marie TIRBISCH, car, malade, elle se trouva obligée de rentrer dans sa famille. Angèle MATHIS, quant à elle, après son noviciat, fut admise à la prise de l’habit blanc des Dominicaines sous le nom de Sœur Marie Agnès des Cinq Plaies. Ceci ne fut qu’une étape, car en avril 1875, à la demande de M. CURICQUE, elle reprit le chemin de la Lorraine et retrouva à Haute-Kontz son conseiller spirituel. Celui-ci avait déjà fait les premières démarches pour sa fondation de Rettel, poussé sans doute par Marie TIRBISCH dont l’attitude, pleine de mysticisme, pouvait laisser penser que Dieu guidait ses pas et s’exprimait à travers elle. Les deux jeunes femmes s’installèrent donc à Rettel, dans des locaux loués par l’abbé CURICQUE et qui avaient rapidement été remis en état.

En ce début d’hiver 1875, les conditions de vie des deux sœurs étaient particulièrement difficiles, car elles étaient démunies de tout ou presque. Afin de subvenir à leurs besoins, elles avaient opté pour un petit emploi. L’une était couturière, l’autre repasseuse et ces activités étaient proposées aux habitants de Rettel. La culture d’un petit jardin avait également pour but d’assurer l’ordinaire, mais la santé fragile de Marie TIRBISCH s’accommodait mal d’une vie aussi ascétique. Elle mourut le 1er mars 1876, dans sa 32e année. Ce décès n’entama pas la résolution d’Angèle MATHIS, de Sœur Agnès plus exactement car, petit à petit une communauté se forma autour d’elle grâce aux démarches effectuées par le curé de Haute-Kontz. Ce dernier, désireux de se rapprocher du petit groupe ainsi formé, demanda le poste de curé de Rettel qui était devenu vacant. Mais l’évêque de Metz, Mgr DUPONT des LOGES, n’accéda pas à sa demande et Jean Marie CURICQUE continua son ministère à Haute-Kontz tout en consacrant temps et argent à sa fondation de Rettel qui commença à s’étoffer au fil des ans. Ses économies furent essentiellement consacrées à la reconstitution de l’ancienne abbaye Saint Sixte, par l’achat de terrains qu’il effectua au nom de Mlle Angèle MATHIS, devenue Mère Agnès. Ainsi, en 1892, le domaine partiellement reconstitué par ces achats, mais également par quelques legs avoisinait les deux hectares.

Toute cette activité ne porta pas préjudice au ministère pastoral de l’abbé CURICQUE dans sa paroisse de Haute-Kontz. Il s’y investit totalement, mais les problèmes de santé commencèrent à se multiplier. En septembre 1887, il écrivit au vicaire général du diocèse « Pour moi, je sens mes forces diminuer de plus en plus. Vous voudrez bien y penser et m’aider à descendre bientôt au rang de simple chapelain du couvent de Rettel ».  Il restera pourtant à son poste et put, le 22 novembre 1891, fêter avec ses paroissiens ses 25 ans de présence à Haute-Kontz. A cette occasion, il lut un message dont voici un court extrait, tout à fait significatif :

« Mes très chers paroissiens de Haute-Kontz, rendons grâce à Dieu de nous avoir laissés ensemble depuis 25 ans, vous comme mes brebis fidèles, moi comme votre pasteur dévoué. J’attends de votre reconnaissance que vous persévériez dans la piété et que vous ne cessiez de devenir de jour en jour meilleurs… Si vous suivez ces avis et si vous continuez de prier pour moi, tant que je vivrai encore et surtout après ma mort, j’aurai le bonheur sans pareil de me voir réuni à jamais à vous dans la gloire de la bienheureuse éternité. »

Début 1892, son état s’aggrava, nécessitant une hospitalisation à Sierck. C’est là qu’il rendit l’âme le 28 janvier et ses obsèques furent célébrées en l’église de Sierck en présence d’une foule nombreuse où figuraient beaucoup habitants de Haute-Kontz et où apparut pour la première fois l’habit blanc des Dominicaines de Rettel. Il fut inhumé dans le cimetière de Sierck mais les sœurs Dominicaines firent transférer son corps dans le cimetière de leur couvent vers la fin du 20ème siècle. Il repose ainsi dans un lieu qui représente l’œuvre de sa vie.

Indépendamment des réalisations de l’abbé CURICQUE à Flastroff, Haute-Kontz et Rettel, il faut bien sûr évoquer ses œuvres écrites, car cet homme fut un intellectuel de premier plan.

Dans ce domaine il faut citer en premier lieu son « Essai sur la vie de Marguerite de Bavière, Duchesse de Lorraine » qui fut publié dans les mémoires de la Société d’Archéologie et d’Histoire de la Moselle, société dont l’abbé CURICQUE était membre. Sans vouloir s’étendre trop longuement sur ce sujet, rappelons tout de même que Marguerite de Bavière était une fille de Robert III, duc de Bavière qui devint empereur en 1400, et qu’elle avait épousé en 1393 Charles II, duc de Lorraine. A ce titre, elle fit de nombreux séjours à Sierck puisque le château de cette ville était celui des ducs de Lorraine. La vie dissolue de son mari la fit se tourner vers des activités spirituelles. C’est elle qui fonda la Chartreuse de Sierck dans le vallon de Marienfloss, sous l’égide de son confesseur Adolphe d’Essen, une fondation qui fut plus tard transférée dans la plaine de Rettel, ce qui explique l’intérêt que lui porta le curé de Haute-Kontz. Marguerite de Bavière mourut à Sierck le 27 août 1434 et fut inhumée dans les caveaux de la Collégiale Saint-Georges à Nancy.

Toujours soucieux de la reconquête chrétienne de ses compatriotes, l’abbé CURICQUE rédigea également un ensemble de textes connus sous le titre de « Voix Prophétiques ». Ces textes qui furent imprimés et réimprimés entre 1870 et 1872 sont très représentatifs d’un catholicisme extrêmement intransigeant, hostile à la réconciliation de l’Eglise et des principes politiques de la modernité. Ils sont le reflet de la pensée d’un homme épris de surnaturel et dans l’attente d’une Apocalypse qui révèlerait alors la gloire de Dieu. Ces sentiments sont parfaitement concordants avec le mysticisme dont firent preuve Marie TIRBISCH et Angèle MATHIS, les deux premières à suivre l’abbé Curicque. Ceci d’ailleurs provoqua souvent un certain scepticisme de la part des autorités religieuses diocésaines, qui restaient toujours très prudentes lorsqu’il était question de manifestations surnaturelles.

Quoi qu’il en soit, l’abbé CURICQUE consacra un quart de siècle à ses paroissiens de Haute-Kontz et ceci justifie largement que sa mémoire soit pieusement conservée et entretenue dans le village.

Sources :"L’abbé Jean Jules Marie CURICQUE" par Nicolas DICOP

"L’abbé Jean Marie Curicque, restaurateur de sites religieux et compilateur de prophéties" par Hilaire MULTON, Université Lyon III

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